Le gaz pauvre a disparu des réseaux belges à la fin de l'été 2024. Si votre chaudière chauffe normalement et a été entretenue depuis, vous n'avez rien à faire. Les exceptions tiennent en quatre cas, et elles sont listées plus bas.

Quelle différence entre gaz riche et gaz pauvre ?
Le gaz riche contient plus d'énergie par mètre cube.
La CREG retient environ 11,6 kWh par m³ pour le gaz riche (H) et 10,3 kWh pour le gaz pauvre (L). Soit environ 11 % d'énergie en moins par m³ de gaz pauvre. Les « 10 % » ou « 15 % » lus ailleurs tiennent aux moyennes retenues.
Le passage au gaz riche est-il terminé en Belgique ?
Oui, depuis la fin de l'été 2024.
Le gaz pauvre venait du gisement néerlandais de Groningue, le gaz riche arrive de Norvège, du Royaume-Uni et par méthanier, d'après Bulex. Les Pays-Bas ont décidé en 2018 d'arrêter l'exploitation de Groningue, épuisement des réserves et séismes à la clé, et de cesser leurs exportations au plus tard fin 2029. La fédération des gestionnaires de réseau, Synergrid, a converti environ 1,6 million de ménages et d'entreprises, la moitié des clients gaz du pays, avec cinq ans d'avance. La FEBEG date l'annonce de la fin de l'opération au 19 septembre 2024. ORES confirme ne plus distribuer que du gaz riche depuis le 1er septembre 2024.
Une page qui vous parle encore d'une conversion « en cours jusqu'en 2029 » est donc périmée.
Quand votre commune est-elle passée au gaz riche ?
La date dépend de votre région et de votre gestionnaire de réseau. Voici la chronologie reconstituée à partir des communiqués et de la presse régionale.
| Période | Zone convertie | Source |
|---|---|---|
| 2018 et 2019 | Premières zones wallonnes (RESA dès 2018, ORES dès 2019) | Atlas Contrôle, 2022 |
| 2020 et 2021 | 11 communes bruxelloises, près de 325 000 ménages, dont Schaerbeek, Jette, Evere et Laeken le 1er juin 2021 | L'Avenir, BX1 |
| 1er septembre 2022 | 8 dernières communes bruxelloises : Forest, Uccle, Ixelles, Etterbeek, Auderghem, Watermael-Boitsfort et les deux Woluwe | L'Avenir, 12/09/2022 |
| 2023 | Centre du Brabant wallon (Wavre, Ottignies-Louvain-la-Neuve, Rixensart, La Hulpe…) | Callmepower |
| Autour du 1er septembre 2024 | Derniers 390 000 clients, une soixantaine de communes en Flandre (Anvers, Limbourg, Brabant flamand) et en Wallonie (Nivelles, Waterloo, Tubize…) | VRT, 13/08/2024 |
À Bruxelles, Sibelga a donc bouclé deux ans avant tout le monde. En Wallonie, la conversion a concerné le Brabant wallon, une partie du Hainaut, de Namur et de la province de Liège (Hannut, Waremme). En Flandre, Fluvius a terminé avec les provinces d'Anvers, du Limbourg et du Brabant flamand. Le reste du pays, notamment la Flandre occidentale et orientale, recevait déjà du gaz riche.
Ma chaudière est-elle compatible avec le gaz riche ?
Presque certainement, si elle a été achetée en Belgique après 1978.
Test-Achats le résume : tout appareil vendu sur le marché belge depuis 1978 est prévu pour les deux gaz. Sibelga annonçait en 2021 que 98 % des appareils bruxellois étaient prêts. La catégorie de gaz figure sur la plaque signalétique de l'appareil :
- I2E+ ou I2 : chaudières classiques, chauffe-eau, cuisinières, convecteurs. Ni contrôle ni réglage.
- I2E(S) : chaudières et chauffe-eau à condensation. Contrôle nécessaire, sauf si l'installateur atteste que l'appareil n'a jamais été déréglé ; réglage seulement si le scellé a été rompu pour l'adapter au gaz pauvre.
- I2E(R) : chaudières de 70 kW et plus, brûleurs gaz montés sur une ancienne chaudière mazout. Réglage obligatoire.
- I2N : chaudières récentes auto-adaptatives. Rien à faire.
- G20/G25 : mention que la VRT donne comme signe d'aptitude au gaz riche. G20 est le gaz d'essai de référence du gaz H, G25 celui du gaz L.
Vaillant, Bulex ou Viessmann : la marque ne change rien.
Seule la plaque fait foi.
Faut-il faire régler sa chaudière pour le gaz riche ?
Uniquement dans deux cas : une chaudière à condensation I2E(S) dont le scellé a été rompu pour le gaz pauvre, et une installation I2E(R). Les appareils d'avant 1978, environ 2 % du parc bruxellois selon Sibelga, devaient être remplacés. Pour un appareil acheté en France ou aux Pays-Bas, Test-Achats et Atlas Contrôle recommandent une vérification au cas par cas, parce qu'il a pu être réglé d'usine pour un autre gaz que celui de votre réseau.
Le moment le plus simple pour vérifier reste l'entretien périodique obligatoire, dont la fréquence diffère d'une région à l'autre : tous les deux ans à Bruxelles (Sibelga, 2021) et en Flandre, tous les trois ans en Wallonie pour une chaudière gaz de 100 kW au plus (Callmepower, septembre 2025). Demandez au technicien de noter la catégorie de gaz et la conformité sur l'attestation.

Pourquoi mon compteur de gaz tourne-t-il moins vite qu'avant ?
Parce que chaque mètre cube contient désormais plus d'énergie. Prenons le profil standard de la CREG, 17 000 kWh par an. En gaz pauvre, il fallait 17 000 ÷ 10,3 = 1 650 m³ pour les produire. En gaz riche, 17 000 ÷ 11,6 = 1 466 m³ suffisent, soit 184 m³ de moins à chaleur strictement égale, et si vous comparez vos index d'avant et d'après la conversion sans le savoir, vous croirez à tort avoir économisé 11 % de gaz alors que votre logement, votre thermostat et votre hiver n'ont pas changé d'un iota.
L'erreur inverse coûte de l'argent. Appliquer l'ancien coefficient du gaz pauvre à 1 466 m³ de gaz riche donne 15 100 kWh au lieu de 17 000 : une consommation sous-estimée de 1 900 kWh, soit environ 209 € à 0,11 €/kWh tout compris (ordre de grandeur du marché belge relevé en août 2026, à revérifier). De quoi fixer un acompte trop bas et recevoir une régularisation salée.
Votre facture, elle, n'a pas bougé : elle est calculée en kWh. Notre convertisseur m³ vers kWh applique le bon coefficient, et la consommation moyenne de gaz en Belgique vous situe par type de logement.
Votre situation, et la marche à suivre en 2026
| Votre cas | Que faire |
|---|---|
| Appareil acheté en Belgique après 1978, entretenu à temps | Rien de plus que l'entretien périodique |
| Chaudière à condensation I2E(S) réglée pour le gaz pauvre | Réglage par un technicien agréé, dès le prochain entretien |
| Appareil d'avant 1978 | Remplacement, sur avis d'un professionnel |
| Appareil acheté en France ou aux Pays-Bas | Vérification de la catégorie et du réglage par un technicien agréé |
| Vous emménagez dans un logement chauffé au gaz | Demander la dernière attestation d'entretien au vendeur ou au bailleur |
| Index en m³ plus bas qu'avant 2024 | Normal : comparez vos consommations en kWh |
| Gaz en bouteille ou propane | Non concerné |
Une flamme jaune, de la suie, une odeur inhabituelle ? Coupez l'appareil, aérez et appelez un professionnel. Notre guide du détecteur de monoxyde de carbone explique où le placer.
La conversion n'a rien changé au prix de votre gaz : c'est votre contrat qui le fixe. Pour comparer les offres gaz et électricité en coût annuel, consultez notre classement des fournisseurs d'énergie.
Sources. CREG, « Conversion du m³ de gaz en kWh » (consultée le 18/10/2026) ; Synergrid, communiqué sur la conversion des réseaux achevée avec cinq ans d'avance (2024) ; FEBEG, « Conversion gaz L/H », actualité du 19/09/2024 ; ORES, « Le pouvoir calorifique du gaz » ; VRT NWS, 13/08/2024 ; L'Avenir, 12/09/2022 ; BX1, 31/05/2021 ; Test-Achats, « Passage du gaz pauvre au gaz riche », 2017 mis à jour en 2024 ; Atlas Contrôle, 16/06/2022 ; Bulex, page conversion gaz ; Callmepower, guides gaz riche (02/2024) et entretien de chaudière (09/2025) ; AFP via Connaissance des énergies, 27/03/2019. Prix du kWh : ordre de grandeur relevé en août 2026, les tarifs variables changent chaque mois.
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Questions fréquentes
Camille suit le marché belge de l'énergie depuis une dizaine d'années. Elle a d'abord travaillé côté gestion de contrats B2B, puis est passée à l'analyse indépendante : elle éplucha les grilles tarifaires de Mega, Bolt, Engie, Luminus, TotalEnergies, Eneco ou Ecopower, recoupe chaque prix avec le CREG Scan, la CWaPE, le VREG et Brugel, et refait les calculs de facture à la main quand un fournisseur communique un chiffre trop rond. Sa conviction : la plupart des ménages belges ne changent jamais de fournisseur et paient chaque année quelques centaines d'euros de trop — pas par paresse, mais parce que les offres sont volontairement illisibles. Ici, elle traduit les conditions tarifaires en euros par an, et dit clairement quand une « promo » n'en est pas une.
