Le PCI du gaz naturel distribué en Belgique vaut environ 10,4 kWh par m³. Votre facture, elle, en compte 11,6, parce qu'elle est établie en PCS, le pouvoir calorifique supérieur. Les deux chiffres sont justes. Les mélanger fausse un calcul de rendement de 11 % et une comparaison avec le mazout de plusieurs points.
Quel est le PCI du gaz naturel en Belgique ?
Autour de 10,4 kWh par m³ pour le gaz riche, dit gaz H.
La CREG publie une valeur de référence de 11,6 kWh par m³ pour ce gaz, et cette valeur est un PCS. Pour le gaz naturel, le PCI se situe environ 10 % plus bas, selon les tables reprises par Selectra (mise à jour du 27 mai 2026) : 11,6 × 0,90 donne 10,4. Le gaz pauvre, qui n'est plus distribué depuis la fin de la conversion du gaz pauvre vers le gaz riche, valait 10,3 kWh en PCS, soit environ 9,3 kWh en PCI.
La valeur réelle bouge. ORES annonce un PCS compris entre 10,81 et 12,79 kWh par m³ normal sur son réseau, ce qui situe le PCI entre 9,7 et 11,5 kWh.
PCI ou PCS : quelle différence ?
Une question de vapeur d'eau. En brûlant, le méthane produit du CO₂ et beaucoup d'eau, qui sort de la flamme sous forme de vapeur. Si cette vapeur se condense, elle rend sa chaleur latente. Le PCS compte cette chaleur. Le PCI fait comme si elle partait par la cheminée, ce qui était vrai pour toutes les chaudières jusqu'à l'arrivée de la condensation, et c'est pour cette raison historique que l'industrie du chauffage a longtemps raisonné en PCI, alors que les compteurs, les contrats et les régulateurs raisonnent en PCS.
Sur quelle base votre facture belge est-elle calculée ?
En PCS, dans les trois régions.
Le coefficient de conversion imprimé sur votre décompte multiplie vos m³ pour obtenir des kWh, et ce coefficient est le pouvoir calorifique supérieur du gaz livré à votre station de réception, moyenné sur la période facturée. La règle est identique en Wallonie (ORES, RESA), à Bruxelles, où Sibelga publie ses valeurs de PCS en open data, et en Flandre chez Fluvius. Seule la valeur change d'un réseau et d'un mois à l'autre. Notre article sur la conversion des m³ de gaz en kWh détaille le calcul et propose un convertisseur.
L'étiquette énergie européenne suit la même base. La note de l'AwAC sur le règlement écoconception 813/2013 le dit sans détour : les efficacités y sont exprimées par rapport au pouvoir calorifique supérieur. Le minimum de 86 % d'efficacité saisonnière, en vigueur depuis le 26 septembre 2015 pour les chaudières de 70 kW ou moins, est donc un chiffre en PCS.

Pourquoi une chaudière affiche-t-elle 108 % de rendement ?
Parce que la brochure calcule sur le PCI, et que la chaudière à condensation récupère justement la chaleur que le PCI ne comptait pas. Le chiffre n'est pas un mensonge ; il est simplement exprimé dans une autre unité que votre facture. Ramené au PCS, un rendement de 108 % devient environ 97 %, et une vieille chaudière atmosphérique annoncée à 90 % sur PCI tombe autour de 81 %.
L'erreur coûte cher en estimation. Prenons le profil standard D3a de la CREG, 17 000 kWh de gaz facturés par an. Avec une chaudière à condensation, la chaleur réellement produite avoisine 16 524 kWh. Appliquer le 108 % de la brochure aux kWh de la facture en promet 18 360. Soit 1 836 kWh de chaleur qui n'existent pas, 11 % de trop, de quoi fausser n'importe quel calcul de rentabilité d'une pompe à chaleur ou d'une isolation.
Combien coûte le kWh de gaz selon la base ?
Nous avons repris le prix variable tout compris de la carte tarifaire Eneco Gaz Naturel Flex de septembre 2026 sur le réseau ORES, soit 13,31 c€ par kWh TVA comprise, hors redevance et terme fixe du réseau, et l'avons décliné sur les trois bases utiles.
| Exprimé en | Prix | Calcul |
|---|---|---|
| kWh PCS (base de la facture) | 13,31 c€ | prix de la carte tarifaire |
| kWh PCI | 14,79 c€ | 13,31 ÷ 0,90 |
| m³ de gaz H | 1,54 € | 13,31 c€ × 11,6 kWh |
| kWh de chaleur, chaudière à condensation (97 % PCS) | 13,69 c€ | 13,31 ÷ 0,972 |
| kWh de chaleur, chaudière atmosphérique (81 % PCS) | 16,43 c€ | 13,31 ÷ 0,81 |
Ce prix est réindexé chaque mois sur un contrat variable. Bruxelles et la Flandre ont des tarifs de réseau différents, mais le rapport entre les bases reste le même partout : 0,90.
Gaz, mazout, propane : le pouvoir calorifique de chaque combustible
| Combustible | PCI | PCS |
|---|---|---|
| Gaz naturel H (Belgique) | ≈ 10,4 kWh/m³ | 11,6 kWh/m³ (CREG) |
| Mazout de chauffage | ≈ 9,9 kWh/L | ≈ 10,6 kWh/L |
| Propane | ≈ 12,7 kWh/kg, ≈ 25 kWh/m³ gazeux | ≈ 13,8 kWh/kg |
| Butane | ≈ 12,6 kWh/kg, ≈ 32 kWh/m³ gazeux | ≈ 13,7 kWh/kg |
Valeurs du gaz H : CREG et calcul à 0,90 ; autres combustibles : tables Selectra, mai 2026.
Le mazout illustre le piège. Au prix maximum de 1,4227 € par litre fixé à partir du 8 octobre 2026 pour une commande de 2 000 litres ou plus, relayé par L'Avenir, le kWh de mazout coûte 14,37 c€ en PCI et 13,42 c€ en PCS. Face au gaz à 13,31 c€ en PCS, la comparaison habituelle, gaz de la facture contre mazout des tableaux en PCI, donne le gaz 7 % moins cher. Sur une base commune, l'écart fond à moins de 1 % en PCS et s'inverse légèrement en PCI. Le détail de l'arbitrage, frais fixes et rendements compris, figure dans notre comparatif mazout ou gaz.
Quatre erreurs qui faussent un calcul de pouvoir calorifique
- Appliquer un rendement PCI à des kWh facturés en PCS, l'erreur des 11 % décrite plus haut.
- Comparer deux énergies sur deux bases différentes, typiquement le gaz de la facture et le mazout d'un tableau.
- Reprendre un coefficient français, calculé sur d'autres réseaux, pour vérifier une facture belge.
- Utiliser encore le PCS du gaz pauvre, 10,3 kWh par m³, sur une facture récente.
Pour chaque situation, la base à retenir :
| Vous voulez | Base à utiliser | Que faire |
|---|---|---|
| Vérifier une facture belge | PCS | m³ × coefficient du décompte |
| Estimer la chaleur produite par votre chaudière | celle du rendement | ramener un rendement PCI au PCS en multipliant par 0,90 |
| Comparer gaz et mazout | une seule, au choix | convertir les deux prix sur la même base |
| Lire une étiquette énergie européenne | PCS | rien à convertir |
| Lire une fiche technique ou un site français | souvent PCI | vérifier la mention, puis convertir |
| Chiffrer une installation au propane | kWh/kg | demander la base au fournisseur de citerne |
Le « gaz de ville » a-t-il un autre PCI ?
Non. L'expression désigne aujourd'hui le gaz naturel distribué par le réseau, celui de votre compteur.

Le pouvoir calorifique ne se négocie pas : le prix du kWh, si. Pour situer votre tarif, comparez le coût annuel total de votre contrat dans notre classement des fournisseurs d'énergie, et repérez votre profil grâce à la consommation moyenne de gaz en Belgique. Toute intervention sur une chaudière ou une installation au gaz relève d'un professionnel agréé, et l'entretien périodique reste obligatoire selon les règles de votre région.
Sources. PCS de référence du gaz H (11,6 kWh/m³) et du gaz L (10,3 kWh/m³) : CREG, « Conversion du m³ de gaz en kWh », consultée le 28 octobre 2026. Fourchette de PCS du réseau ORES (10,81 à 12,79 kWh/m³(n)) : ORES, « Le pouvoir calorifique du gaz ». PCS par station de réception à Bruxelles : open data Sibelga. Efficacités écoconception exprimées sur le PCS et minimum de 86 % : note AwAC et DGO4 sur le règlement 813/2013, mise à jour le 22 mars 2016. Écart PCI et PCS (environ 10 % pour le gaz naturel), valeurs de PCI et PCS du mazout, du propane et du butane, rendements supérieurs à 100 % sur PCI : Selectra, guides « pouvoir calorifique » et « pouvoir calorifique inférieur », mis à jour le 27 mai 2026. Prix du gaz : carte tarifaire Eneco Gaz Naturel Flex, septembre 2026, réseau ORES, 13,31 c€/kWh TVAC hors frais fixes. Prix maximum du mazout (1,4227 €/L à partir de 2 000 L, dès le 8 octobre 2026) : Administration de l'Énergie, relayé par L'Avenir le 7 octobre 2026. Le facteur 0,90 et les rendements de 97 % et 81 % sur PCS sont des conversions établies par nos soins le 28 octobre 2026 ; les prix des contrats variables étant réindexés chaque mois, refaites le calcul avec votre propre tarif. Aucun lien affilié.
Camille
Comparateur Gaz naturel
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Questions fréquentes
Camille suit le marché belge de l'énergie depuis une dizaine d'années. Elle a d'abord travaillé côté gestion de contrats B2B, puis est passée à l'analyse indépendante : elle éplucha les grilles tarifaires de Mega, Bolt, Engie, Luminus, TotalEnergies, Eneco ou Ecopower, recoupe chaque prix avec le CREG Scan, la CWaPE, le VREG et Brugel, et refait les calculs de facture à la main quand un fournisseur communique un chiffre trop rond. Sa conviction : la plupart des ménages belges ne changent jamais de fournisseur et paient chaque année quelques centaines d'euros de trop — pas par paresse, mais parce que les offres sont volontairement illisibles. Ici, elle traduit les conditions tarifaires en euros par an, et dit clairement quand une « promo » n'en est pas une.
